Son cargo coule en deux minutes. Pour lui, l'histoire ne fait que commencer.
Poon Lim parvient à rejoindre un radeau après le naufrage de son navire. Il y trouve des vivres et de l’eau, mais aucun autre marin.

Le *Benlomond* disparaît en deux minutes environ. Poon Lim reste près de deux heures dans l’eau avant d’atteindre un radeau.
Le 23 novembre 1942, ce marin chinois travaille comme second steward sur le cargo britannique lorsqu’un sous-marin allemand le torpille dans l’Atlantique. Il réussit à sortir de l’eau, loin de toute terre, et découvre ce qui va lui permettre d’attendre les secours.
Le radeau contient des provisions et une réserve d’eau. Les vivres peuvent durer une cinquantaine de jours. Après le naufrage, c’est de quoi envisager autre chose que les prochaines heures.
Il reste à être trouvé.
Le cargo poursuit sa route
Après la première semaine, Poon Lim aperçoit un navire. Dans le témoignage qu’il donnera en 1978, il raconte avoir utilisé des fumigènes pour attirer son attention.
Le cargo ne le recueille pas. Son équipage l’a-t-il identifié ? Poon Lim ne peut pas le savoir. Le bateau poursuit sa route et lui reste sur le radeau.
Il dispose encore de ses provisions. Mais il commence à préparer de quoi se nourrir autrement avant qu’elles soient épuisées. Pour attraper le poisson autour de lui, il lui faut d’abord fabriquer son matériel.
Il a notamment une lampe de poche.
Ce qu’il trouve dans la lampe
Poon Lim racontera qu’il en a récupéré le ressort pour en faire un hameçon. Il improvise aussi une ligne. Au bout, il accroche du biscuit prélevé sur ses vivres.
Les premiers poissons qu’il prend sont petits. Il s’en sert à leur tour comme appâts pour en capturer de plus gros. Il peut continuer à pêcher avec ses prises, sans dépendre uniquement du biscuit embarqué.
Il faut ensuite préparer le poisson. Dans le même entretien, il décrit un couteau fabriqué avec le métal d’une boîte de conserve. Il découpe les grosses prises en lanières, puis les fait sécher au soleil.
Des oiseaux viennent également se poser sur le radeau. Il en capture et les mange.
Sa réserve d’eau, elle, finit par s’épuiser.
Cinq jours sans eau
La notice officielle consacrée plus tard à sa survie rapporte cinq jours sans eau avant qu’il puisse recueillir suffisamment de pluie.
Poon Lim emploie ce qui est disponible pour la récupérer. La notice mentionne l’enveloppe de son gilet de sauvetage. Dans son entretien, il décrit aussi une bâche disposée avec un côté plus bas que l’autre, pour diriger l’eau vers un récipient.
Il peut de nouveau boire. Le mois de novembre est passé, puis l’année a changé. Le *Benlomond* a sombré en 1942 ; Poon Lim est encore en mer en 1943.
Le bateau qui s’arrête
Le 5 avril 1943, une embarcation de pêche brésilienne le retrouve. Cette fois, il est recueilli.
Poon Lim a passé 133 jours seul sur son radeau, plus de quatre mois depuis le torpillage du cargo.
Le 8 avril, il débarque à Belém, au Brésil. Il a quitté le radeau, mais il lui reste à faire savoir qui il est et sur quel navire il travaillait.
Dans son récit de 1978, il raconte avoir demandé le consul britannique. Il lui donne son nom et celui du *Benlomond*. Le consul vérifie les registres.
Après 133 jours seul en mer, Poon Lim apprend qu’il n’a pas simplement été séparé des autres marins.
Du *Benlomond*, aucun autre homme n’est revenu.
Sources et vérifications
- London Gazette, 13 juillet 1943, p. 3169 : durée, provisions et gestes de survie.
- Uboat.net, Benlomond : torpillage, naufrage, débarquement et bilan.
- Margie Lew, entretien avec Poon Lim, 1978 : outils et souvenirs du sauvetage.
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